La mémoire est une mauvaise fille
Elle place l'homme à son zénith
En empêchant qu'il brille
Elle retient les histoires
Pour bien qu'on s'en souvienne
Justifiant toutes les tares de la nature humaine
C'est la loi du Dalion,
¼il pour ½il, con pour con
Bien loin des accords
A la White Plantation
Ya rien à oublier,
Ya pas de vieille haine,
Rien n'se perd,
Rien n'se crée
Tout se paye.
Ainsi vont les Balkans,
Et le Moyen-Orient,
Les Catholiques, les Protestants,
Et les guerres de clan
L'Inde et le Pakistan.
Une prosopoppée, entre mémoires ennemies
Pourraient se résumer
Je crois comme suit :
"Puisque tu es le fils des ennemis, mon ancêtre,
Ma vie n'aura qu'un but : te mener à ta perte."
A ces mots l'autre
Rétorquera sans doute
Sûr de son bon droit,
Et que rien ne déroute
"C'est toi qu'a commencé, je ne suis pas responsable,
J'ai rien à m'reprocher dont tu ne sois coupable."
Ainsi vont les Balkans,
Et le Moyen-Orient,
Les Catholiques, les Protestants,
Et les guerres de clan
L'Inde et le Pakistan.
La pièce se joue ainsi depuis bien des années
Les protagonistes changent, sans toucher aux idées,
Les acteurs sont tous toujours qualifiés,
Le casting est paraît-il une formalité.
Jamais de trous, jamais de mauvaises répliques,
La mémoire guérit tout,
Même les amnésiques.
Dès leur plus jeune âge, les enfants apprennent
A remplacer plus tard
Leurs parents sur la scène.
Ainsi vont les Balkans,
Et le Moyen-Orient,
Les Catholiques, les Protestants,
Et les guerres de clan.
Ainsi vont les Balkans,
Et le Moyen-Orient,
Les Catholiques, les Protestants,
Et les guerres de clan
L'Inde et le Pakistan.